• INTERVIEW DE GILBERTO GIL, 9 NOVEMBRE 2009

    Ce n’est rien de moins qu’une légende vivante qui se produira en Allemagne le 21 novembre prochain. Gilberto Gil, icône de la musique brésilienne depuis plus de 40 ans, sera ce jour là sur la scène de la Berliner Haus der Kulturel der Welt. Pour nous faire patienter jusqu’à cet événement incontournable, le grand artiste a volontiers répondu à nos questions… Et ce dans un français impeccable dont l’accent chantant n’a fait qu’exacerber notre impatience. Vive la samba !


    Connexion-française : Quelle est la première chose qui vous vient à l’esprit lorsqu’on vous parle de la France ?

    Gilberto Gil : Je pense à une certaine qualité intellectuelle et de l’âme, à une dimension culturelle spéciale. Je pense à l’art en général, et plus spécialement à la littérature française, qui me touche beaucoup : Baudelaire, Victor Hugo,…


    Connexion-française : Et lorsqu’on vous parle de l’Allemagne ?

    Gilberto Gil : C’est la technologie qui me vient à l’esprit. Les allemands ont une habileté extraordinaire dans ce domaine et dans celui du design… voyez le Bauhaus !


    Connexion-française : Vous serez le 21 novembre prochain à Berlin dans le cadre de votre tournée européenne. Actuellement, on y fête les vingt ans de la chute du mur. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Gilberto Gil : C’est un moment historique. Ce mur, c’était en quelque sorte le résidu d’une période difficile pour l’humanité. Sa chute est comme la finalisation d’un processus. La réunification a été propice à la création d’une totalité nationale.


    Connexion-française : D’un côté vous êtes un chanteur engagé, et de l’autre vous avez été ministre de la culture au Brésil [de 2003 à 2008, NDLR]. Selon vous, pour faire de la politique, il vaut mieux être chanteur ou ministre ?

    Gilberto Gil : La politique appartient à l’ensemble de la condition humaine et donc un citoyen, quelque soit sa profession ou son occupation, a toujours la responsabilité politique. En même temps, c’est devenu un secteur professionnel. Il y a une espèce de spécialisation de la politique comme milieu d’affaires, et cela ne me dit plus rien. Maintenant je m’exprime avec la musique et, de temps en temps, en m’investissant dans des travaux politiques.


    Connexion-française : Qu’est-ce qui fait, selon vous, que la musique brésilienne s’exporte aussi bien ?

    Gilberto Gil : Je pense que c’est sa capacité à séduire, à se faire comprendre, entendre et aimer. C’est peut-être à cause du métissage général que nous avons au Brésil concernant les races, les cultures, les savoir-faire, les différentes sources d’influences et manières de traiter la question musicale. En un mot : la diversité culturelle !


    Connexion-française : Lors de cette tournée, vous partagez la scène avec votre fils Bem et votre ami Jacques Morelenbaum. Comment avez-vous eu l’idée de ce trio ?

    Gilberto Gil : Depuis trois ou quatre ans, mon fil et moi jouons ensemble dans différentes occasions : des duos, des concerts… Maintenant, nous y ajoutons la collaboration avec Jacques et son violoncelle. C’est un musicien de grand talent, cultivé, expérimenté et qui a une histoire magnifique. Pour nous, c’est un grand privilège de travailler avec lui.

     

    Connexion-française : Pour terminer, qu’avez-vous envie de dire aux gens qui vont venir voir votre concert ?

    Gilberto Gil : Ma musique est déjà connue en Europe car cela fait presque quarante ans que j’y viens régulièrement, mais cette fois, c’est spécial. Il s’agit d’une formation en trio acoustique, avec une approche complètement originale concernant le répertoire, les chansons… ça donne une atmosphère un peu plus intimiste. J’espère que le public va pouvoir s’amuser d’une façon authentique.  


    Propos recueillis par AnneSo.

     


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